Genève, le 23 septembre
2014
Avocate très respectée
dans les territoires palestiniens occupés, Shireen Issawi recevra le Prix Alkarama
2014 pour les défenseurs des droits de l'homme.
Shireen sera reconnue pour son travail courageux dans le suivi et la
documentation des violations des droits de l'homme commises par les autorités
israéliennes contre les prisonniers palestiniens, ainsi que son travail de
plaidoyer pour leurs droits. La Fondation Alkarama présentera son Prix 2014 au
Centre œcuménique de Genève le jeudi 11 décembre, à l'occasion de la Journée
des droits humains (10 Décembre).
« La Fondation Alkarama
est fière d'honorer Shireen Issawi pour son important travail, sa bravoure et
son engagement sans faille dans la dénonciation des violations commises par les
autorités israéliennes contre les défenseurs des droits de l'homme palestiniens.
Shireen n'aurait pas pu être plus consciente des risques qu'elle prenait en
défendant la cause des prisonniers politiques palestiniens; cependant, elle a
travaillé sans relâche pour apporter des changements à la question des
conditions et des droits des prisonniers palestiniens », explique Mourad Dhina, directeur exécutif
d'Alkarama.
En tant qu’avocate palestinienne,
Shireen a dévoué sa vie à la défense des droits des prisonniers de conscience palestiniens
illégalement détenus par Israël, en particulier ceux en détention
administrative. « L’action continue de Shireen a rehaussé le profil des
prisonniers politiques palestiniens, les avançant sur l’agenda international
des droits de l'homme, et attirant l'attention du monde sur la pratique
excessive, par Israël, de la détention administrative d'adultes et d'enfants
palestiniens, la plupart d'entre eux incarcérés sans inculpation », a
déclaré Rachid Mesli, directeur juridique d’Alkarama.
Shireen vient d'une famille de militants soumis au harcèlement constant des
forces de sécurité israéliennes. Un de ses frères, Fadi a été tué à l'âge de 16
ans par l'armée israélienne lors de manifestations qui ont éclaté après le
massacre de la mosquée d’Ibraham à Hébron en 1994, tandis que ses quatre autres
frères ont tous purgé de longues peines dans des prisons israéliennes.
Porte-parole de la campagne pour la libération de son frère Samer, connu pour
ses 266 jours de grève de la faim, Shireen a été arrêtée par les autorités
israéliennes le 6 mars 2014, peu après la libération de Samer, et a depuis été
placée en détention provisoire, en cellule d’isolement. Selon des statistiques publiées par Addameer, une institution civile non
gouvernementale palestinienne qui soutient les prisonniers politiques palestiniens,
Shireen était l'une des 17 femmes détenues par Israël au début du mois de mai
2014 – sur 5271 prisonniers, dont 196
enfants, y compris 27 âgés de moins de 16 ans.
Autorisée
à recevoir une visite de sa mère, peu de temps après qu’Alkarama ait informé la famille Issawi que leur fille avait
reçu le Prix Alkarama 2014, Shireen lui a demandé
de « remercier Alkarama ainsi que tout homme libre qui défend l'humanité, y
compris la dignité humaine et la
liberté ».
« Nous sommes très heureux
que des gens qui ne nous connaissent
pas soutiennent les défenseurs des
droits de l'homme palestiniens ; et nous remercions
toutes les organisations qui défendent les droits des personnes afin
qu'elles vivent libres et puissent jouir de leurs
droits dans leur pays »,
a rajouté la mère de Shireen, Laila.
Accusée de trois
infractions relatives à la ‘coopération avec des acteurs luttant contre l'État
d'Israël’, son procès a été fixé pour trois jours d'audiences, les 23, 28 et 30
octobre 2014. « Shireen est l'une des avocates palestiniennes les meilleures
et les plus professionnelles de Palestine; j'espère vraiment qu'elle sera libérée
avant la cérémonie afin qu'elle puisse recevoir son prix en personne »,
a déclaré Badee Dwaik, coordinateur de la Campagne Free Shireen Issawi. « Quoiqu’il en soit, ce prix signifie
beaucoup pour elle et pour tous les défenseurs des droits de l'homme en
Palestine; il nous donne plus d'énergie pour continuer à se battre pour notre
cause ».
Pour
plus d'informations ou une demande d’interview, veuillez contacter :
- La
Coordinatrice du département média, Colombe Vergès sur c.verges@alkarama.org (Mob : +41 79 129 79 15)
Le Prix Alkarama
est un prix symbolique décerné chaque année à une personne ou une organisation
qui a contribué de manière significative à la promotion et la protection des
droits de l'homme dans le monde arabe. Parmi les anciens lauréats figurent
Abdulelah Haider Shaye (Yémen, 2013), Saud Al Hashimi & Dr Mohamed Al Roken
(Arabie Saoudite et Émirats Arabes Unis, 2012), Aida Seif Al Dawla & Saïd
bin Zair (Égypte & Arabie Saoudite, 2011), Haithem al Maleh (Syrie, 2010),
et Ali Yahia Abdennour (Algérie, 2009).
Pour vous inscrire à
l'événement 11 décembre, veuillez vous rendre sur la page Facebook du Prix Alkarama.
Basée à Genève, la Fondation Alkarama est une
organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme créée en
2004 pour soutenir tous les individus, dans le monde arabe, soumis ou à risque
d’exécution extrajudiciaire, de disparition forcée, de torture et de détention
arbitraire. Agissant comme un pont entre les victimes dans le monde arabe et
les mécanismes des Nations Unies compétents en matière de droits de l’homme, Alkarama
œuvre pour un monde arabe où tous les individus vivent libres, dans la dignité,
et protégés par un état de droit. En arabe, Alkarama signifie ‘dignité’.
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L'auteur défend les libertés dans un pays en voie de devenir un Etat, une République et une Démocratie...