La
question la plus préoccupante demeure celle relative aux exigences que recèlent
les accords de Washington à l’égard de la République démocratique du Congo
(RDC) : organiser un dialogue interne avec les autres parties prenantes y
compris les organisations de la société civile, l’opposition armée et non
armée… ; s’engager à combattre et éliminer les FDLR…
Dans
lesdits accords, ces exigences sont positionnées, à charge de la RDC, comme quelques-uns
des préalables à l’amorce du départ des forces armées rwandaises du territoire
congolais.
Elles
remettent, malheureusement, à la surface le manque de vision, la maladresse et
l’incompétence avec lesquels ces accords ont été négociés puis signés en
catimini sans aucune lecture de la représentation du peuple, c’est-à-dire le
parlement, ni celle de la société civile.
Comment
un pouvoir établi dans un pays souverain a-t-il pu se laisser imposer un
dialogue avec ses opposants par un autre pays qui l’agresse depuis des années,
comme condition de cessation de cette agression, de cette violation si flagrante
du droit international public ?
Comment
ce pouvoir a-t-il pu se laisser imposer la révision de sa propre législation
interne, y compris la révision de sa constitution, sa loi fondamentale, dans le
seul but de contenter le Rwanda, son agresseur, et les Etats-Unis
d’Amérique ?
Comment
le pouvoir en place a-t-il pu fléchir et négocier à genoux en lieu et place de
profiter du positionnement des Etats-Unis d’Amérique connus pour leur
engagement en faveur de la démocratie et en faveur des droits de l’homme ?
Alors
qu’il clame sa légitimité à qui veut l’entendre, accepter le dialogue dans des
conditions d’impositions, à genoux comme déjà dit, n’est-ce pas faire aveu de
faiblesse et de lâcheté ?
Et
dudit dialogue, qui connaît l’agenda, les participants, les lieux de tenue, le
budget, les objectifs recherchés, les résultats attendus, la durée, qui le
dirigera, sous quel format, etc. ?
Par
ailleurs, chose particulièrement grave et très inquiétante, dans les accords, comment
un pouvoir légitime, ou prétendument tel, a-t-il pu s’engager à une obligation
l’impossible : celle d’accepter de lutter contre les FDLR qui opèrent sur
un territoire dont il n’a aucun contrôle politique et militaire ?
Autant
de préoccupations dont le seul rappel renforce le désespoir des congolais et dont
les réponses offrent, au détriment des congolais, un sourire moqueur de
l’agresseur.
Il
n’est jamais tard pour mieux faire : il me semble, en effet, que même à ce
jour, le parlement demeure une représentation du peuple à travers laquelle des
options courageuses pour la révision de ces accords peuvent être prises. Il me
semble aussi qu’en lieu et place de considérer les organisations de la société
civile comme des excroissances de l’opposition politique, l’heure est arrivée
de les mobiliser pour la cause de la nation en péril !